Essai d’iconographie sur l’ombre dans les arts

DELAPORTE Chloé, « Vers une esthétique du corps intermittent, essai d’iconographie sur l’ombre dans les arts », journées d’études de l’École Doctorale Arts et Médias (ED 267), Les intermittences du corps, Paris, 5-6 juin 2009

Cette communication examine les différents usages de l’ombre dans les arts (pictural, photographique et cinématographique notamment) à travers le prisme d’une recherche esthétique sur le corps intermittent. Parce que l’ombre permet de rendre symboliquement présent un corps matériellement absent, son emploi constitue un procédé tant esthétique que rhétorique pour les artistes. Nous appuyer sur l’analyse de différentes œuvres et sur les écrits de plusieurs théoriciens (Victor I.Stoïchita tout particulièrement) permet de dégager les différentes valeurs signifiantes de l’ombre dans les arts : valeur indicielle certaine, mais aussi valeur représentative. Qu’elle soit déformante ou mimétique, l’ombre humaine comme représentation du corps fait le lien entre corps présent et corps absent. L’étude de certaines toiles de Picasso (L’ombre sur la femme, 1953, L’ombre, 1953), de photographies modernes et contemporaines (Stieglitz, Kertész) et surtout de certaines séquences filmiques représentatives (extraites du Caligari de Wiene, du Nosferatu de Murnau ou des premières œuvres américaines d’Hitchcock notamment) fait émerger le développement d’une esthétique du corps intermittent, révélée par l’usage de l’ombre chez les artistes. Cette communication renseigne ainsi les phénomènes d’intermittence des corps dans un espace pictural ou diégétique et les procédés esthétiques employés par les artistes pour la signifier.