DELAPORTE Chloé, « L’analyse de films à l’épreuve du porno pro-am », Colloque international de l’IRCAV Représentations-limites des corps sexuels dans le cinéma et l’audiovisuel contemporains, Paris (France), 26-27 novembre 2015

Les catégories traditionnelles de la description filmique sont partiellement inadaptées lorsque l’analyste explore des territoires cinématographiques marginalisés, dont les formes déplacent et interrogent les normes esthétiques classiques. C’est particulièrement vrai dans le cas de l’audiovisuel pornographique (qui répond à certains codes filmiques endogènes), et plus encore au sujet du porno « pro-am », c’est-à-dire des films pornos produits dans un environnement professionnalisé mais se présentant comme tournés par des amateurs. L’objet « amateur » entre fréquemment en résistance avec l’analyse filmique, parce qu’il (re)pose la question de l’intentionnalité (de l’auteur, de l’équipe du film, etc.), qui oriente considérablement les dynamiques interprétatives. Il s’agira ici d’examiner les différentes modalités selon lesquelles un dispositif filmique particulier, « pro-am », amène à enclencher un mode de lecture spécifique, et la façon dont l’analyste peut en rendre compte.