DELAPORTE Chloé, « L’archétype du scientifique au cinéma : réflexions autour du savant fou comme cristallisation des angoisses sociétales », 1er workshop de la Société Suisse pour l’Histoire de la Médecine et des Sciences Naturelles, Dr. Jekyll ou Mr. Hyde. La figure du scientifique et sa construction entre « self-fashioning » et perception du public, Lausanne, 8-9 septembre 2010

Cette communication examine l’archétype du scientifique au cinéma à travers le prisme de ses représentations maléfiques. Autour de l’étude de personnages comme les docteurs Frankenstein, Jekyll, Mabuse ou encore Caligari, nous nous interrogerons sur les parallélismes identifiables entre les modalités représentatives du savant fou cinématographique et les grandes angoisses sociétales contemporaines. En effet, les différences de traitement de cet archétype à l’écran renvoient, selon les époques et les contextes socio-historiques, à des angoisses sociétales spécifiques. Nous envisagerons notamment la prégnance du scientifique maléfique à l’écran après la Première Guerre mondiale (nous aborderons alors les Docteurs Caligari et Mabuse comme des métaphores de la domination des puissants), ou encore après le bombardement d’Hiroshima (nous pourrons alors présenter Furankenshutaï, adaptation japonaise de Frankenstein, comme cristallisation des peurs liées au nucléaire) ou lors des grands mouvements d’émancipation sociale aux États-Unis dans les années 1960 (sera ainsi traitée la réutilisation de Jekyll ou de Frankenstein à cette époque afin de transmettre un message politique : Dr. Black & Mr White ou encore Blackenstein sont ainsi créés pour délivrer un message anti-raciste).