DELAPORTE Chloé, « The Rise and Fall of Free Speech in America : le Code et l’autocensure du cinéma classique américain », Vèmes rencontres Droit et cinéma : regards croisés, Censure et cinéma, Université de La Rochelle, 29-30 juin 2012

Afin de se prémunir contre le boycott des ligues de vertu (notamment la très puissante Legion of Decency) et l’établissement d’une censure d’État, les puissants de l’industrie cinématographique hollywoodienne ont très vite mis en place un système de régulation, autocensurant leur propre production. Les premiers codes de production, à vocation incitative, remontent au début des années 1910 et différents textes se succèdent jusqu’à ce que cette autocensure s’institutionnalise. « The Don’ts and Be Carefuls », rédigés en 1927 par William Hays, président du MPPDA (Motion Picture Producers and Distributors of America), peuvent être considérés comme une forme pionnière d’institutionnalisation, l’apex de ce processus étant assurément la période de stricte efficience du Motion Picture Production Code entre 1934 et 1968. Si certains acteurs de cette industrie ont revendiqué très tôt une liberté d’expression cinématographique (notamment les réalisateurs, comme l’illustre le cas de David W. Griffith et la publication de son pamphlet The Rise and Fall of Free Speech in America en 1916), force est de constater que la plupart encourage la mise en place d’un système de contrôle endogène et favorise l’autocensure. Celle-ci fait alors partie d’un dispositif plus large de production cinématographique et se voit intégrée à la chaîne de fabrication de « l’usine à rêves ». Cette communication examine les formes et modalités de cette autocensure du cinéma classique hollywoodien, en s’appuyant sur la présentation de cas symptomatiques.