DELAPORTE Chloé, « Le “film d’auteur”, un cinéma de genre ? », séminaire de l’IRCAV et du Labex ICCA « Cinémas de genre : formes, usages, étiquetages » (coord. Mélanie Boissonneau, Quentin Mazel & Thomas Pillard), Paris (France), 9 mars 2018

D’usage courant au sein de nombreuses communautés interprétatives (constituées de spectateurs ordinaires comme de professionnels et/ou de critiques), les expressions « film d’auteur » et « cinéma d’auteur » semblent construites et mobilisées dans ce qu’elles signifieraient d’opposé et de contraire aux « film de genre » et « cinéma de genre ». Je propose dans cette communication de faire l’hypothèse que la catégorie « film d’auteur » procède en fait des mêmes processus socio-sémiotiques de labellisation que d’autres catégories génériques plus traditionnellement conçues comme « genres » (telles la comédie, le drame, le western, la science-fiction, etc.), et ainsi d’envisager l’étiquette « film d’auteur » comme un genre filmique à part entière. Il sera nécessaire, dans un premier temps introductif, de poser les jalons épistémologiques d’une appréhension radicalement pragmatique du genre, au sens peircéen du terme, afin de délimiter un cadre théorique permettant d’aborder les genres/les films comme des construits sociaux et non des formes ontologiques. Il s’agira ensuite, dans un deuxième temps, d’argumenter cette posture paradigmatique au moyen d’une observation sociologique des usages génériques contemporains de la catégorie « film d’auteur », afin de montrer que l’expression « fait genre » au sein de différents territoires communicationnels.