DELAPORTE Chloé, « Le financement participatif des films, un modèle économique de production en résistance ? », 5ème congrès de l’Association Française de Sociologie (AFS), Les dominations, RT 14 « Sociologie de l’art », Dominations esthétiques, économiques et symboliques, Nantes, 2-5 septembre 2013

Depuis plusieurs décennies, et plus encore depuis le développement de l’Internet 2.0, se développe un nouveau mode de production des objets culturels : le financement participatif. Associant étroitement une partie du « futur » public des œuvres à leur processus de création, le financement participatif (ou « crowdfunding ») permet de contourner une partie des contraintes énoncées par les marchés actuels. Dans le champ cinématographique, ce modèle économique de production des œuvres semble offrir aux initiateurs des projets (souvent les réalisateurs) une plus grande marge de manœuvre. En effet, ce sont les futurs spectateurs et non plus les institutions (chaînes de télévision, majors et sociétés de production, CNC, fonds européens, etc.) qui sont maintenant décisionnaires, choisissant de supporter financièrement ou non un synopsis ou un projet de film. En cela, le crowdfunding se présente au premier abord comme une forme de résistance à la norme dominante, un espace marginal en lutte avec les rapports de domination esthétiques, économiques et symboliques qui régissent aujourd’hui les marchés audiovisuels. Par la présentation de cette forme émergente de production des œuvres, participative et collaborative, et l’analyse de cas d’études empruntés à un corpus français contemporain, cette communication renseigne la façon dont les artistes résistants et les publics « empêchés » peuvent se retrouver dans une pratique créative commune et élaborer, ensemble, un modèle économique viable et pérenne.