DELAPORTE Chloé, « Les rapports de classe comme marqueurs génériques dans les fictions états-uniennes », colloque international de l’Axe Civilisation Britannique (Université Rennes 2) et du 3LAM (Universités du Maine et d’Angers), La représentation des classes sociales dans les films sur les petit et grand écrans dans les pays anglophones, Rennes, 10-11 octobre 2013

Constatant que les modalités (esthétiques, narratives, discursives) de représentation des rapports de classe dans le cinéma américain diffèrent considérablement d’une œuvre à l’autre, mais présentent cependant certaines similarités, nous proposons dans cette communication de réfléchir au lien entre ces modalités figuratives et l’inscription générique des films. En effet, il apparaît que les rapports de classe ne sont pas illustrés de la même manière selon le genre audiovisuel dont se revendique l’œuvre, et que la typologie que l’on peut dresser de ces modalités semble dessiner une cartographie générique. Certaines « formules » sont ainsi particulièrement investies par des genres spécifiques : on peut penser, par exemple, à l’importance de l’origine sociale (souvent modeste) des soldats dans les films de guerre, opposés à leur hiérarchie (souvent bourgeoise et aristocratique), ou encore aux antagonismes mis en scène dans la screwball comedy autour de couples improbables. Ainsi, les codes représentatifs des rapports de classe en viennent à jouer le rôle de « marqueurs génériques », ou d’ « indicateurs du genre » : ils permettent au spectateur de reconnaître et d’attribuer une généricité au film.