DELAPORTE Chloé, « L’œuvre à l’épreuve : méthodo-épistémologie en sociologie des arts », Journée d’étude de l’École Doctorale Esthétique, Sciences et Technologies des Arts (EDESTA, ED 159), Arts et Connaissances, Paris, 16-18 novembre 2010
Parce que l’œuvre, en tant qu’objet singulier, jouit d’un statut particulier dans nos sociétés, que son étude concerne des disciplines universitaires différentes et distinguées, il nous paraît pertinent de renseigner aujourd’hui ses modalités d’approche en sociologie. Dans un premier temps, il s’agira de définir le statut de l’œuvre en sociologie, premier élément épistémologique permettant son analyse rigoureuse. Objet de débats houleux au sein de la sociologie contemporaine, sera notamment abordée la question de l’analyse interne de l’œuvre. Dégagés d’une considération de l’œuvre comme simple système de « représentation » de la société, prenant ainsi nos distances avec une dangereuse « théorie du reflet », nous verrons comment l’art, et les œuvres, renseignent néanmoins le sociologue, l’analyse de l’art produisant, alors, une connaissance sociologique directe. Disposant d’une épistémé distincte, nous pourrons enfin proposer des éléments méthodologiques propres à l’analyse des œuvres en sociologie. Cette communication, en proposant une méthodo-épistémologie de l’œuvre, a ainsi vocation à instaurer un dialogue entre les différentes conceptions de l’art et de l’œuvre à l’Université, entre esthétique et sociologie, plaidant alors pour une interdisciplinarité que nous postulons heuristique.