Pourquoi récompenser ?

Quel que soit le champ de production concerné (littérature, théâtre, musique, cinéma, danse, art contemporain, etc.), l’attention académique se focalise généralement sur les lauréats et lauréates des prix culturels plus que sur les instances en maîtrise d’ouvrage des dispositifs qui les attribuent – à l’exception, notable, des travaux de Sylvie Ducas et de ceux de James English, qui portent une attention soutenue aux conditions de leur fabrication. Cette communication se pose à rebours des approches traditionnelles, en s’intéressant surtout aux motivations de celui ou celle qui récompense, à partir du cas du cinéma. Considérant l’engagement dans ce que j’appelle « l’entrepreneuriat récompensatoire » (c’est-à-dire l’organisation de prix) comme une stratégie de placement et de déplacement au sein des champs, je propose l’analyse de deux cas d’étude : le Champs-Élysées Film Festival et les Prix Sopadin.