Vom Expressionismus zum film noir

DELAPORTE Chloé, « Vom Expressionismus zum film noir: Hybridisierung eines Filmgenres von Berlin bis Hollywood », 4° colloque international de l’International Feuchtwanger Society (IFS), Exil – Glaube – Kultur, 1933-1945: der Tag wird kommen, Vienne (Autriche), 7-9 mai 2009
Couv Exil croyance et culture

Seit den 1960er Jahren wurde von einigen lautstark behauptet – und wird es auch heute noch – dass der film noir, dieses emblematische Filmgenre des klassischen amerikanischen Kinos, ein Ableger des deutschen Expressionismus ist und seine Existenz nur der Präsenz von Kinogrößen des deutschsprachigen Films verdankt, die nach Hollywood ausgewandert sind. Wenn wir auch nicht den Anspruch erheben, einem Lang oder Murnau den Einfluss ihrer Qualitäten auf das amerikanische Kino abzusprechen, geben wir hier doch eine genaue, interne Analyse von den Hybridisierungsmechanismen der Filmgenren, um die Beziehungen zwischen Expressionismus und film noir zu beleuchten. Wir werden sehen, dass das Abweichen von einem Genre zum nächsten mehr als subtil verläuft, es geschieht zum Preis von unzähligen, vielfältigen, unterschiedlichen ästhetischen Hybridisierungen. Diese Präsentation, die nicht nur mit der reizenden europäischen Vermutung aufräumt, dass die Amerikaner, was ihr Kino betrifft, nichts erfunden haben, möchte in erster Linie die subtilen künstlerischen Hybridisierungsprozesse aufzeigen, ihre Nichtreduzierbarkeit auf einen einfachen « Formentransfer » und das Exil als Antrieb des künstlerischen Neu-Schaffens sehen. Wir argumentieren die Idee, dass der film noir kein « amerikanisiertes » europäisches Genre ist, sondern ein Filmgenre, das aus dem Filmschaffen im Exil hervorgegangen ist.

D’aucuns ont clamé dès les années 1960 et clament encore aujourd’hui que le film noir, genre cinématographique emblématique du cinéma classique américain, est un dérivé de l’expressionnisme allemand et ne doit son existence qu’à la présence de maîtres du cinéma germaniques exilés à Hollywood. Si nous n’avons pas la prétention d’enlever à Lang ou à Murnau l’influence de leurs qualités respectives sur le cinéma américain, nous proposons ici une analyse précise et interne des mécanismes d’hybridation des genres cinématographiques pour apporter un éclairage nouveau sur les rapports entre expressionnisme et film noir. Nous verrons que le glissement d’un genre à l’autre est beaucoup plus subtil, qu’il se fait au prix d’hybridations esthétiques nombreuses, plurielles et différentes. Outre le fait de tordre le coup à une présomption européenne charmante qui voudrait que les Américains n’aient rien inventé de leur cinéma, cette communication a surtout vocation à dégager la subtilité des processus d’hybridation artistique, leur non-réductibilité à un simple «transfert des formes », et à considérer l’exil comme moteur de re-création artistique. Nous argumenterons alors l’idée que le film noir n’est pas un genre européen « américanisé », mais un genre issu de la création en exil.