Ce qu’Internet fait aux genres filmiques

DELAPORTE Chloé (2015), « Ce qu’Internet fait aux genres filmiques», AVANCA | CINEMA International Conference 2015, Edições Cine-Clube de Avanca, p. 839-843

Le genre peut être décrit comme une « médiation ordinaire » des films, au sens où la catégorisation des films par genres est mobilisée quotidiennement par de très nombreuses personnes, qu’il s’agisse de professionnels du cinéma comme de spectateurs lambda. Pourtant, les débats sont nombreux : sur les frontières des corpus génériques (c’est-à-dire sur les critères qui permettent d’apparier tel film et tel genre), comme sur la définition même de la notion de genre. Certains auteurs sont plus enclins à considérer la forme et l’esthétique du film, tandis que d’autres se concentrent sur la thématique ou l’ancrage géographique et temporel de la diégèse. Coexistent ainsi aujourd’hui plusieurs théories génériques, qui peinent à s’entendre sur les appartenances identitaires des films. Dans ce contexte général relativement nébuleux, l’arrivée des nouvelles technologies numériques n’a pas facilité la tâche des théoriciens du cinéma et de l’audiovisuel : Internet, notamment, reconfigure amplement les modes de production et diffusion des objets filmiques, ce qui produit des effets sur la catégorisation générique des films. Cet article a pour but de renseigner ces points de rencontre entre cinéma et nouvelles technologies en examinant cinq exemples d’effets génériques produits par le développement d’Internet.