Frankenstein : beauté monstre, icône pop

DELAPORTE Chloé (2018), « Frankenstein : beauté monstre, icône pop », La Septième Obsession, n°14, dossier « Les créatures au cinéma », Janvier-Février 2018, p. 34-36
La Septieme Obsession 14 Couv

Un soir gris de l’été 1816, dans le salon cossu d’une villa genevoise, cinq amis se lancent un défi qui sera à l’origine d’une des figures majeures du bestiaire monstrueux du cinéma. Mary Godwin, sa demi-sœur Claire Clairmont, son amant (et futur époux) le poète Percy Shelley, le physicien John Polidori et leur hôte Lord Byron tuent le temps, pluvieux, par la lecture de Fantasmagoriana, un recueil de nouvelles fantastiques allemandes. Lord Byron propose à chacun des convives d’écrire son propre récit d’épouvante ; il noircit lui-même quelques pages, reprises par John Polidori pour The Vampyre, une des sources d’inspiration du Dracula de Bram Stoker qui donnera lieu à de nombreuses adaptations cinématographiques. Mary Godwin imagine l’histoire d’un jeune scientifique parvenant, grâce à l’électricité, à animer un corps inerte, agencement macabre de fragments de cadavres humains. Frankenstein ou le Prométhée moderne est publié en 1818, adapté au théâtre dès 1823 (dans une pièce de R. B. Peake) et au cinéma dès 1910 (dans une production Edison de J. Searle Dawley). Il connaît depuis un succès écranique inégalé et reste l’un des romans les plus crédités au générique des cinématographies occidentales. Sur grand écran, Frankenstein a en effet trouvé un espace narratif, plastique et discursif suffisamment vaste pour déployer toutes ses singularités.