Delaporte Chloé (2014), « Le genre hollywoodien classique comme cadre normatif », dans Collectif DAEM (dir.), Le cadre. Approches croisées entre arts et médias, L’Harmattan (coll. « Arts & Médias »), p. 57-66

Envisageant le cadre comme un espace de création normé, soit au sens métaphorique, cette contribution se propose d’interroger l’organisation du cinéma américain classique en « genres » comme possible impératif de réalisation. Grâce à l’étude de la structuration générique à Hollywood, nous proposons de penser la question de la norme dans la réalisation de films aux États-Unis avant 1960. Soit : une création cinématographique est-elle envisageable hors du cadre institutionnalisé par les instances productrices (studios), réceptrices (le public) et critiques que sont les genres hollywoodiens ? Peut-on réaliser des films à cette époque hors de ce cadre extrêmement défini ? Cette contribution sera notamment le lieu d’investigation de problématiques liées aux films transgenres, au croisement de plusieurs catégories génériques (le western musical, le film d’horreur comique, etc.), ou encore aux films construits à l’extérieur du cadre générique, mais en rapport à ce dernier (les films qui réécrivent les frontières d’un genre ou sont construits en opposition avec les codes normatifs). Précisons dès cette introduction que cette problématique s’intègre dans une réflexion plus large constituée par notre travail de thèse. Celle-ci concernant exclusivement les réalisateurs de cinéma européens expatriés aux États-Unis entre 1900 et 1945 (Hitchcock, Capra, Chaplin, Lang ou Wilder pour les plus célèbres ; Allen, Archainbaud, Fitzmaurice, Rosen ou Le Borg pour les plus obscurs), cette contribution s’appuiera en grande partie sur les œuvres liées à ce corpus. Nous essaierons néanmoins d’élargir le champ d’analyse, et les exemples illustratifs, à une plus large sphère, concernant alors le cinéma classique américain dans son ensemble.