DELAPORTE Chloé (2013), « Transtextualité et cinéphilie. Étude de Cinéman (Yann Moix, 2009) », Les Cahiers de Champs Visuels, n°8-9, p. 97-124

Le modèle transtextuel proposé par Gérard Genette pour traduire les relations entre les œuvres, pensé pour la littérature, rencontre aujourd’hui un succès de plus en plus important auprès des chercheurs relevant d’autres domaines et disciplines, notamment des études cinématographiques et audiovisuelles. La transtextualité, en tant qu’elle désigne alors l’ensemble des relations entretenues par un film avec des œuvres antérieures, s’offre comme une entrée pertinente dans l’étude des pratiques cinéphiliques. Si toute œuvre possède en soi une dimension transtextuelle, certaines le sont plus que d’autres, posant la question du rapport au cinéma de leur réalisateur. Nous proposons ici l’analyse d’un cas d’étude, emprunté à la cinématographie française contemporaine : Cinéman, un long métrage en couleur de quatre-vingt-dix minutes réalisé par Yann Moix, sorti en salles le 28 octobre 2009. Par la modélisation du réseau transtextuel entretenu par Cinéman avec d’autres œuvres audiovisuelles et la mise à jour de certaines hiérarchies entre les films cités, nous voulons ainsi étudier la cinéphilie du réalisateur et les modalités de sa mise en scène dans une œuvre singulière.