Un malaise générique

DELAPORTE Chloé (2012), « Un malaise générique ? Mélange des genres et réception critique dans le cinéma américain classique », L’Atelier n° 4.1 [en ligne], p. 39-60

Le genre cinématographique constitue une puissante norme socio-esthétique, particulièrement efficiente aux États-Unis. Renforcée par le studio system de l’ère classique, cette catégorisation de la production cinématographique agit comme grille de lecture pour le spectatorat, et induit l’établissement et la maîtrise d’un certain nombre de codes de la part des instances productrices et interprétatives. Certains films se situent cependant aux croisements de plusieurs catégories génériques, et témoignent de multiples généricités. En proie à une rupture des codes de lecture génériques, face à une difficulté à genrer l’œuvre contactée, le spectateur vit parfois une insatisfaction, que nous proposons de nommer « malaise générique ». Le cas de la réception critique de certains films américains transgenres, parangons de l’hybridité générique, constitue un terrain d’enquête fécond pour le sociologue et l’historien du cinéma. Nous voulons ici étudier comment les critiques cinématographiques vivent le rapport à l’œuvre transgenre et interroger l’idée d’un malaise générique grâce à l’analyse de leurs textes publiés.

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